Lettre bucolique

Nous partirons à travers champ
Chanter l’amour le nez au vent
Sous la ramure d’un vert si doux ;
Insectes volants, insectes rampants.

Sous la ramure d’un vert si tendre, j’ai pris ta main
Ton teint de rose, ta taille de guêpe
Liane de ma vie, tu m’as séduit ;
Quand verrons-nous l’agnelet tendre, la tourterelle, le souriceau
Chanter ensemble
Le bel amour qui nous unit ?

Ruisseau chantant
Muguets des champs
Fêtons ensemble l’événement ;
Sous la ramure d’un vert si doux
Je t’ai aimée.

Fourmis, frelons et vous moustiques
Vous étiez là, c’était la fête
Vous avez bu et ripaillé ;
Tu as hurlé, tu as pleuré
Quelle belle journée ma pâquerette.

Lettre codée

L’archiduchesse s’évente sur son balcon
Qu’en est-il du pistil ?
Les mimosas sont en fleurs mais le grand méchant loup surveille.
Gaffe aux tontons flingueurs.
Si la musaraigne saute à la corde, le pignouf du coin aura intérêt à bien se tenir.
La valse est plus langoureuse que la pêche à la truite.
Alors, ferme les yeux car il y a du monde à la lorgnette.
C’est pour toujours et n’oublie pas ton nénuphar…

Lettre arithmétique

Un plus un, ça fait 5
J’aimerais tant qu’on en ait 3
En moins de deux avec mes 2, on en fait 1 qu’en vaut bien 3
Il en manque 2 assurément mais y’a tout le temps…

Lettres de rupture

Il a sorti un 22 long rifle et il l’a tuée à bout portant.

Il s’est jeté sur elle et l’a étranglée.

Il a pris un couteau, il l’a transpercée.

Il l’a poussée sous un train, il l’a défenestrée.

Il l’a noyée, dépecée, hachée, bouffée.

Ah ça on peut le dire, il s’en est occupé.

Et toi, qu’as-tu fait pour m’aimer ?

Je t’aimais pour ton fric

Je t’aimais pour ton fric

et tu as tout claqué.

Je t’aimais pour ton frère

il vient de se marier.

Je t’aimais pour ta tire

elle est toute cabossée.

Je t’aimais pour ton nom

tu l’avais emprunté.

Que faire maintenant ? Rester ?

Non mais t’es pas piqué ?

Atmosphère…

Atmosphère… ben tu parles d’une atmosphère…

T’as vu le mec, il roule des mécaniques,
il bombe le torse et joue de la mirette.
Il a des biscotos et des tatouages dans le dos.
Il va se cogner dans son ombre, sortir son plomb et jouer les Tarzan.

Tu l’as vu qui descend ?
Tu l’as vu qui m’attend ?

Tu peux bien le regarder, car je le laisse là, planté…

T’as jamais été le premier…

T’as jamais été le premier ;
déjà t’avais un frère aîné
et il t’a tout piqué les billes et les mémés.
A l’école, au lycée
au boulot, à l’atelier,
ça a continué, t’étais pas le premier
et puis tu m’as rencontrée.
Maintenant ça y est, tu as gagné,
t’es le premier.

Tu ne seras pas le dernier !
ça je peux te le jurer…